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CAP A GAUCHE

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Syriza et l'ordolibéralisme

La victoire de Syriza aux dernières élections législatives n’a pas eu le même retentissement que la victoire du non au plan d’austérité quelques semaines avant, et n’a pas été le signe pour les peuples européens d’un nouvel espoir de changement des politiques européennes comme cela avait été le cas aux élections de 2014.

C’est qu’entre ces deux événements est survenu la tornade du troisième mémorandum, accepté par le gouvernement Tzipras et dont on redoute qu’il conduise la Grèce vers un abîme économique et social.

Tornade qui a bousculé les opinions et semé le trouble dans les camps de la gauche française et européenne. Si on constate une volonté de changement et  une montée des mouvements de gauche dans de nombreux pays européens, les partis de gauche doivent maintenant tenir compte de l’expérience de la Grèce et de Syriza et répondre au défi suivant : faire des propositions  de rupture qui soient «entendues » et convaincantes pour amener à voter pour eux, mais aussi suffisamment  stratégiques pour résister à l’opposition virulente des institutions européennes et des tenants de l’ordo-libéralisme (allemand ?).

Apparu dans les années 30, les économistes ordo-libéraux, considèrent que le libéralisme n’est en rien naturel et qu’il doit  être imposé par des institutions offrant au capitalisme les conditions de son fonctionnement et développement. C’est à cette théorie que nous devons les traités de Maastricht, de Lisbonne, … Et que nous avons subi, en 2005, cette tentative d’instauration d’une constitution européenne qui devait graver dans le marbre le cadre « libéral et capitaliste  de l’Europe».

On comprend mieux la position de Mme Merkel et de M. Junker, qui, ne voulant surtout pas déroger à ce cadre théorique, imposent aux Grecs une austérité mortifère et profitent de l’occasion pour envoyer aux peuples européens un message clair : la volonté des peuples ne peut remettre en question le contenu et le cadre institutionnel créés par les traités européens.

La gauche européenne a ainsi aujourd’hui, une lourde responsabilité : celle de convaincre et d’être en mesure de construire une alternative crédible. Cela va nécessiter de rassembler pour les différentes échéances électorales en Europe les forces de gauche autour d’objectifs précis et lisibles. Sans cela, on créera de la désespérance dont se nourrit l’extrême-droite, pour mettre en œuvre son projet politique basé sur la haine, l’exclusion et des nationalismes exacerbés mais qui ne remet en cause ni le capitalisme  ni la course au profit, ni la concentration des richesses dans les mains d’une minorité.

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