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19 Octobre 2015
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L'économiste James Galbraith raconte les coulisses du plan B grec
PAR MARTINE ORANGE ARTICLE PUBLIÉ LE DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015
Boite noire
Cet article relate la rencontre entre James Galbraith
et des économistes français, le vendredi 16 octobre à l'institut Veblen.
De février à juillet, l'économiste s'est rendu à Athènes pour travailler aux côtés du gouvernement. Il raconte les débats autour d’une éventuelle sortie de l’euro. «On s’est exagéré les difficultés. Pour la prochaine fois, on saura comment faire », dit-il.
Deux mots lui viennent spontanément pour résumer la situation actuelle de la Grèce après le nouveau plan d’austérité. Deux mots dont l’économiste américain James Galbraith assume la violence pour expliquer, ce vendredi 16 octobre, à l'institut Veblen, devant ses collègues français, l'ampleur du désastre grec : colonisation et liquidation. « C'est ce à quoi nous assistons aujourd'hui. Une perte d'indépendance totale et une liquidation de l'État grec. La Grèce est un pays qui n'est plus indépendant. Le gouvernement a perdu toute marge de manoeuvre. Il lui est interdit d'introduire la moindre loi sans l'accord préalable de ses créanciers», dit l'économiste américain. Alors que le Parlement grec vient d'adopter la première salve des réformes imposées dans le cadre du nouveau plan européen de juillet, James Galbraith explique l'envers du décor. «Ces 48 projets de loi prioritaires sont dictés à Bruxelles et traduits ensuite en grec»,dit-il. « Ce ne sont pas des réformes pour améliorer les conditions économiques de la Grèce. Ce sont des réformes construites par les lobbies », poursuit-il.
À l'entendre, chacun d'entre eux veut sa part. Les dates de fraîcheur du lait ont été repoussées de 3 à 7 jours pour que les entreprises hollandaises puissent exporter leur lait. Les grands groupes pharmaceutiques se sont arrangés pour être avantagés face à l'industrie locale, en invoquant une concurrence en fait «manipulée au travers des paradis fiscaux et des prix de transfert». Les privatisations sont conçues pour «créer des monopoles privés pour les entreprises étrangères» sur les biens les plus intéressants, à l'image de l'aéroport d'Athènes, détenu par le groupe allemand de BTP Hochtief.Lire la suite...