Pour faire vivre la démocratie
16 Août 2014
Au mois de juin, les cheminots se sont mis en grève pendant deux semaines comme une réforme ferroviaire, finalement votée le 23 juillet 2014.
La réforme était présentée comme réunissant les deux entités créées lors de la précédente réforme de 1997 ; la SNCF s'occupant des transports (voyageurs et fret) et RFF s'occupant des réseaux. Cette précédente réforme répondait déjà à une injonction de Bruxelles, visant à briser le monopole de la SNCF sur les transports ferrés français.
En fait, loin de procéder à une réunification, il s'agit en réalité d'une séparation encore plus affirmée entre gestion des infrastructures et exploitation, avec la création de SNCF réseau (qui reprend globalement le secteur de RFF ; exploitation et maintenance des réseaux), et la constitution d'une holding avec SNCF mobilités (s'occupant des voyageurs). Les deux établissements seront dirigés par une société chapeau : la SNCF.
Il s'agit bien, ni plus ni moins que la mise en place de trois structures, là, où avant 1997 n'existait qu'une entreprise d'état.
L'objectif est rien moins que de mettre en place les jalons d'une ouverture à la concurrence en 2019 ou 2022, notamment sur les réseaux régionaux.
Cette réforme, voulue par la Communauté Européenne, a pour objectif de permettre notamment l'ouverture totale à la concurrence du transport des voyageurs, en omettant totalement l'aménagement du territoire, la planification écologique, et les enjeux sociaux liés à un service public.
Les conséquences ne se sont, malheureusement, pas faites attendre, et les 7 morts de Brétigny en sont le plus récent fardeau, sans parler de la fragilisation de lignes peu rentables.
Le récent rapport sur cet accident a fait état d'un « état de délabrement jamais vu ailleurs », de plus de « 200 anomalies de divers degrés de criticité », et pire, ces anomalies étaient connues des agents et de la SNCF.
Mais malheureusement, ce n'est pas le seul incident, heureusement pas tous aussi dramatiques. A titre d'exemple, en novembre 2013, entre Toulouse et Tarbes, plusieurs trains ont pu circuler sur une portion où il manquait 1,29 mètre de rail. De l'avis même des cheminots, les conditions d'entretien des voies sont désastreuses, et le recours massif à la sous-traitance dilue les responsabilités et le suivi des opérations.
Alors, les voyageurs et les contribuables pris en otage ???
Oui, bien sûr, mais par ceux qui leur font prendre de plus en plus de risques, qui privilégient la rentabilité à la sécurité, et plus encore, si la dette laissée par RFF (44 milliards tout de même) est transférée à la charge du groupe SNCF, qui prendront encore une fois les contribuables pour des vaches à lait.
Alors, Merci mesdames et messieurs les cheminots, d'avoir pris sur votre temps, sur votre salaire, sur votre énergie ; pour tenter de repousser encore un peu la locomotive libérale et son train de mesures qui voudraient nous faire entrer dans un type de société que nous refusons, car contrairement à ce qu'ils disent il n'est pas naturel et ne correspond à aucune détermination.
DV
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