Pour faire vivre la démocratie
16 Août 2014
Alors que la presse n'en finit pas de dévoiler le feuilleton judiciaire des caciques de L'UMP ou d’être bien occupée avec la Coupe du Monde de football, il se prépare en secret à Genève la disparition des services publics, y compris la sécurité sociale...
C'est par un document publié fin juin sur le site d'alerte Wikileaks de Julian Assange que le pot aux roses fut découvert. Ce document important concerne le traité TISA (Trade in Service Agreement) à ne pas confondre avec le Traité transatlantique l'autre fléau. Plus précisément il s'agit de l'annexe visant à « ...déréguler encore plus les services financiers... » (sic!)
Il faut savoir que c'est après l'échec des accords de l'OMC (cycle de Doha) qui portaient sur les services et le commerce qu'à l'initiative des Américains et des Australiens baptisés pour l'occasion « Very good friends of services» (Les très bons amis des services (sic!) 23 pays ont décidé en « Maîtres du Monde » comme le relate Médiapart de se réunir en catimini à l'ambassade d'Australie à Genève dès le début 2013.
Une cinquantaine de pays sont inscris dans ces négociations
Aujourd'hui, selon le journal le Monde, ils seraient une cinquantaine de pays à participer dont 28 pays de l'UE. Autour de la table du festin on trouve également des « grands » de la finance internationale, d'internet, de l'énergie, Microsoft, Google, Walt Disney etc. Pour les Français c'est Véolia et Orange qui accompagnent le Medef, « le grand ami » des services publics. Tout cet aréopage encadre Stéphane Le Foll, notre ministre de l'agriculture. Le contenu de ce traité est simple. Au nom de la concurrence libre et non faussée : « ... ce petit projet sans importance prévoit l’ouverture totale et irréversible de nombreux services, y compris publics (eau, éducation, santé, transports,…), à la concurrence internationale entre les « Très bons amis des services », fait remarquer avec ironie Marianne.
« Cet accord veut forcer les pays à ouvrir les portes à la concurrence totale. Il vise à renforcer l'emprise des multinationales sur notre vie quotidienne. » Constate avec amertume l'Humanité qui ajoute : « On retrouve en pire les horreurs du Traité Transatlantique... »
Si ces accords devraient se terminer fin 2015, ils devaient néanmoins demeurer secrets 5 ans car ces cinquante comploteurs comptaient bien que leurs accords serviraient de tête de pont d'un autre accord au libéralisme échevelé mais celui-ci obtenu dans un cadre plus large. Pour résumer, cette stratégie consistait à trouver le consensus parmi eux sur des accords de libre-échange tout azimut pour revenir en force à la table des négociations de l'OMC et l'imposer au reste du monde. Tous les ingrédients d'un impérialisme supranational !
Des tractations qui devaient rester secrètes cinq ans
Or, ce bel édifice de secret et de catimini s'effrite peu à peu. En effet une partie des négociations n'est plus secrète. Mieux la Suisse, la Norvège, l'Irlande et désormais les États-Unis s'en réjouissent ouvertement. Pour « les vrais amis des services », c'est une catastrophe vis à vis des autres pays participants à l'OMC maintenant au courant de leurs combines.
Les États-Unis, encore eux aux manettes, agacent de plus en plus les grandes puissances comme la Russie, le Brésil, l'Inde, l’Afrique du Sud et même la Chine qui souhaiterait pourtant y participer, car Taïwan en fait partie depuis le début.
Depuis ces fuites c'est un tollé général. Plus de 350 organisations de 115 pays ont appelé à arrêter immédiatement ces négociations. Enfin l'International des Services Publics a publié récemment un rapport dénonçant la volonté d'ouvrir les services publics à la concurrence du privé. Comme le déplore le journal allemand Die Tageszeitung : « Le libre-échange est toujours vendu comme un jeu gagnant-gagnant. Mais s'il n'y a que des bénédictions à prévoir, pourquoi gardez-vous le silence ? (...) Dans une démocratie, les négociations ne doivent pas être secrètes. ».
MS